Des feuilles de chou criblées de petits trous ronds et de minuscules insectes qui bondissent au moindre mouvement indiquent souvent une attaque d’altises. Je privilégie une réponse rapide, mais surtout préventive, car les jeunes plants peuvent être fortement ralentis en quelques jours par temps chaud et sec. Voici les gestes réellement utiles, les solutions à combiner et les erreurs à éviter au potager.
La stratégie la plus fiable repose sur une protection précoce
- Identifier les dégâts avant de traiter, car les chenilles et les limaces provoquent des symptômes différents.
- Installer un filet anti-insectes dès la plantation, avec une maille idéalement inférieure ou égale à 1 mm.
- Maintenir le sol frais grâce à un arrosage suivi et à un paillage adapté.
- Surveiller le seuil de risque, notamment dès la présence d’une altise par plant sur les jeunes choux.
- Réserver les insecticides autorisés aux fortes infestations et respecter strictement l’étiquette.

Reconnaître une attaque d’altises sur les choux
L’altise est un petit coléoptère de quelques millimètres, noir ou parfois marqué de bandes jaunes. Ses pattes arrière très développées lui permettent de sauter rapidement, ce qui explique pourquoi il est difficile à attraper à la main.
Les dégâts sont assez caractéristiques. Les feuilles portent de nombreux petits trous circulaires, comme si elles avaient été percées avec une fine aiguille. Les cotylédons et les premières feuilles sont les plus vulnérables. Une attaque importante peut freiner la croissance, voire faire disparaître de jeunes plants.
Ne pas confondre avec les chenilles
Une feuille grignotée sur les bords ou couverte d’excréments évoque plutôt une piéride ou une autre chenille. Les altises, elles, laissent surtout un feuillage criblé de perforations régulières. Je vérifie aussi le dessous des feuilles et le collet, car les larves et les œufs peuvent s’y trouver.Le risque augmente lorsque le temps devient chaud, sec et peu venteux. Selon le Bulletin de santé du végétal d’Occitanie, le seuil indicatif est d’environ une altise par plante jusqu’au stade de six feuilles. Ce repère aide à distinguer quelques dégâts tolérables d’une situation qui demande une intervention immédiate.
Agir rapidement sur des choux déjà attaqués
Je commence par arroser correctement les plants et par inspecter chaque pied. L’objectif n’est pas de noyer le potager, mais de rendre les conditions moins favorables à l’insecte et de redonner de la vigueur aux choux. Un sol sec autour de jeunes plants stressés favorise clairement les dégâts.
Par temps très chaud, un bassinage léger peut gêner les altises adultes. Il consiste à humidifier brièvement le feuillage par aspersion, avec environ 1 à 2 mm d’eau, pendant 5 à 10 minutes. Cette technique doit rester ponctuelle et être réalisée assez tôt pour que les feuilles et le sol sèchent avant la nuit, faute de quoi les maladies fongiques peuvent progresser.
Le binage superficiel autour des pieds perturbe les œufs déposés près du collet et limite les mauvaises herbes qui servent parfois de refuge. Je le fais sans blesser les racines, puis j’ajoute un paillage de quelques centimètres. La combinaison sol meuble, frais et propre est plus intéressante qu’un simple arrosage répété.
Que faire si les trous sont encore peu nombreux
- Retirer manuellement les adultes visibles le matin ou par temps moins chaud.
- Protéger immédiatement les jeunes choux avec un filet, sans laisser d’ouverture au niveau du sol.
- Arroser au pied de façon régulière plutôt que de laisser alterner sécheresse et excès d’eau.
- Éviter de secouer les feuilles, car les insectes sautent facilement vers les plants voisins.
Les purins, infusions d’ail ou préparations à base d’ortie sont parfois présentés comme des répulsifs. Leur effet reste variable et souvent bref. À mes yeux, ils peuvent accompagner une stratégie globale, mais ils ne remplacent ni le filet ni la surveillance.
Le filet anti-insectes reste la meilleure protection
Pour les choux fraîchement repiqués, le filet est généralement le moyen le plus fiable. Les recommandations de GECO conseillent une barrière physique posée immédiatement après la plantation, avec une maille très fine, idéalement inférieure à 1 mm dans les situations à risque.
Le filet doit être installé sur des arceaux afin de ne pas frotter contre les feuilles. J’enterre ou je plaque soigneusement les bords avec de la terre, des planches ou des agrafes. Une ouverture de quelques centimètres suffit parfois à laisser entrer les altises et à annuler l’intérêt de la protection.
Maintenez cette couverture au moins jusqu’au stade de 8 à 10 feuilles, période durant laquelle les choux deviennent plus résistants. Avec un voile de forçage, surveillez la température et retirez-le si elle dépasse environ 25 °C. Un filet anti-insectes laisse mieux circuler l’air et convient davantage à une protection prolongée.
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Paillage, rotation et plants vigoureux
Le paillage conserve l’humidité et limite les variations brutales de température au niveau du sol. Il ne suffit pas à lui seul en cas de forte pression, mais il renforce nettement l’efficacité des autres mesures.
Je conseille aussi de ne pas installer les choux juste après une culture de radis, navets, roquette, moutarde ou colza. Ces plantes appartiennent aux Brassicacées, la même famille botanique, et peuvent maintenir une population d’altises à proximité. Une rotation de plusieurs années est préférable lorsque les attaques se répètent sur la même parcelle.
Un plant bien enraciné supporte mieux quelques perforations qu’un chou chétif. Repiquer des plants solides, arroser au moment de la reprise et éviter les excès d’azote donnent souvent de meilleurs résultats qu’un traitement appliqué trop tard.
Comparer les solutions avant de choisir
| Méthode | Situation adaptée | Atouts | Limites |
|---|---|---|---|
| Filet à maille fine | Semis et jeunes plants | Protection très efficace, sans insecticide | Doit être posé sans ouverture et surveillé par forte chaleur |
| Arrosage et bassinage | Temps chaud et sec, faible à moyenne pression | Simple, utile pour la reprise des plants | Effet temporaire et risque de maladies si le feuillage reste humide |
| Paillage et binage | Prévention durant toute la culture | Conserve la fraîcheur et perturbe la ponte | Insuffisant seul contre une invasion |
| Plantes-pièges | Potager expérimenté et suivi fréquent | Peut détourner une partie des altises | Risque de créer un réservoir à ravageurs |
| Produit insecticide | Forte infestation malgré les mesures préventives | Action rapide lorsqu’il est correctement choisi | Peu sélectif et soumis à autorisation d’usage |
Les plantes-pièges comme la moutarde peuvent réduire les dégâts dans certaines situations, mais je les utilise avec prudence. Si elles attirent les altises sans être surveillées ou retirées, elles peuvent au contraire rapprocher le problème des choux.
Utiliser un insecticide avec prudence en France
Un insecticide naturel n’est pas automatiquement inoffensif. Le pyrèthre, par exemple, agit rapidement mais touche aussi de nombreux insectes utiles. Je ne l’envisage qu’en dernier recours, sur une infestation forte, en traitement localisé et lorsque les méthodes physiques n’ont pas suffi.
Pour un jardinier amateur en France, le produit doit porter la mention « Emploi autorisé dans les jardins » et être homologué pour l’usage correspondant aux choux et aux insectes concernés. Les autorisations, les doses, le délai avant récolte et les précautions peuvent changer. Il faut donc suivre l’étiquette du produit disponible en 2026, sans reprendre un ancien dosage trouvé dans un forum ou sur un emballage obsolète.Le ministère de l’Agriculture rappelle que les produits de biocontrôle, à faible risque ou utilisables en agriculture biologique ne sont pas tous interchangeables. Je recommande de vérifier la culture, le ravageur ciblé, le nombre maximal d’applications et le délai avant récolte avant toute pulvérisation.
Ne traitez jamais en pleine floraison à proximité d’insectes pollinisateurs, par vent fort ou avant une pluie. Portez les protections indiquées, respectez la dose et ne mélangez pas plusieurs produits. Dans un potager familial, une mauvaise pulvérisation peut créer davantage de problèmes qu’elle n’en résout.
Le bon réflexe pour éviter une nouvelle attaque
Après une première infestation, je note la période d’apparition, la météo et l’état des plants. Cette petite observation permet souvent d’anticiper l’année suivante, notamment en installant le filet avant les premières journées sèches et chaudes.La stratégie la plus solide reste simple. Des plants vigoureux, un sol frais, une rotation des cultures et une couverture étanche pendant les premières semaines offrent une protection durable, tandis que les traitements curatifs ne servent qu’à limiter les dégâts déjà présents.
Quelques trous sur un chou adulte ne justifient pas forcément une intervention radicale. L’objectif est de préserver la croissance et la récolte, pas d’obtenir un feuillage parfaitement intact au prix d’un déséquilibre du jardin.