Un framboisier bien installé produit souvent lui-même de jeunes pousses qu’il est possible de déplacer pour créer une nouvelle rangée fruitière à moindre coût. Pour réussir cette multiplication, je recommande de privilégier les drageons, puis les boutures de racines, tandis que les boutures de tiges demandent davantage de précision. Période, choix du pied mère, humidité et repiquage font toute la différence.
Les points essentiels pour multiplier un framboisier
- La méthode la plus simple consiste à prélever un drageon déjà enraciné.
- Prélevez les jeunes pousses en automne ou au début du printemps, hors période de gel.
- Pour une bouture de racine, utilisez des segments sains de 5 à 8 cm.
- Un substrat léger, humide mais jamais détrempé favorise l’enracinement.
- Choisissez un pied mère vigoureux, productif et sans maladie visible.
Quelle méthode choisir pour obtenir un nouveau plant
Le framboisier se multiplie naturellement grâce à ses racines traçantes, qui émettent des pousses à quelques centimètres ou parfois plusieurs dizaines de centimètres du pied principal. Ces jeunes pousses, appelées drageons, possèdent souvent déjà des racines et offrent le meilleur taux de reprise au jardin.
Le bouturage de racines fonctionne également bien, surtout lorsque le pied produit peu de rejets faciles à séparer. Le bouturage de tiges est possible, mais je le réserve aux jardiniers qui peuvent maintenir une humidité régulière et une température stable. Il est généralement moins fiable que le prélèvement d’un drageon.
| Méthode | Période conseillée | Difficulté | Délai avant plantation |
|---|---|---|---|
| Drageon enraciné | Automne ou début du printemps | Facile | Plantation presque immédiate |
| Bouture de racine | Fin d’automne à hiver | Intermédiaire | Environ 1 à 3 mois |
| Bouture de tige | Début de l’été | Plus délicate | Environ 4 à 8 semaines |
Pour agrandir une haie fruitière près d’une terrasse ou d’une piscine, le drageon reste le choix le plus pratique. Il limite les manipulations, coûte presque rien et permet de conserver fidèlement les caractéristiques du pied d’origine.

Prélever et replanter un drageon sans l’affaiblir
Je commence par repérer une pousse de l’année située à environ 15 à 30 cm du pied mère. Elle doit être droite, bien verte ou déjà légèrement lignifiée, et mesurer idéalement entre 20 et 40 cm. Une pousse très fine ou jaunissante aura moins de réserves pour redémarrer.
Le prélèvement étape par étape
- Arrosez légèrement la zone la veille si la terre est sèche.
- Dégagez la terre autour de la jeune pousse avec une fourche-bêche ou une petite pelle.
- Repérez la racine qui relie le drageon au pied principal.
- Sectionnez cette liaison proprement avec un outil désinfecté.
- Conservez une motte de terre autour des racines et replantez sans attendre.
Une fois séparé, raccourcissez la tige à environ 20 à 25 cm. Cette taille réduit l’évaporation et aide la plante à consacrer son énergie aux racines plutôt qu’à la croissance aérienne.
Installez le jeune plant dans une terre fraîche, riche en matière organique et bien drainée. Le collet doit rester au niveau du sol. Tassez doucement, arrosez abondamment, puis paillez sur 5 à 7 cm avec des feuilles broyées, du compost mûr ou des copeaux non traités.
Les premières semaines, maintenez le sol frais sans le détremper. Dans un jardin équipé d’un arrosage connecté, une sonde peut aider à éviter les alternances entre sol sec et excès d’eau, mais un simple contrôle du doigt à 3 cm de profondeur reste parfaitement suffisant.
Comment réaliser une bouture de racine
Cette technique se pratique lorsque le framboisier est en repos végétatif, généralement de la fin de l’automne à l’hiver. Choisissez un pied mère sain, qui a bien fructifié l’année précédente, puis dégagez délicatement une racine latérale d’environ 0,5 à 1 cm de diamètre.
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La préparation des segments
Découpez des morceaux de racine de 5 à 8 cm avec un sécateur propre. Pour ne pas inverser le sens de plantation, je coupe l’extrémité proche du pied droit et l’autre en biais. Ce repère est simple, mais il évite de placer la bouture à l’envers.
Remplissez une caissette ou des godets d’un mélange composé d’environ deux tiers de terreau léger et un tiers de sable grossier ou de perlite. Posez les segments horizontalement à 1 ou 2 cm de profondeur, recouvrez légèrement et humidifiez avec une eau à température ambiante.
Placez le contenant dans un endroit lumineux sans soleil direct, à l’abri du vent et du gel intense. La terre doit rester régulièrement humide. Des pousses apparaissent souvent après quelques semaines, mais il faut attendre que le jeune plant soit suffisamment enraciné avant de le mettre en pleine terre.
Quand plusieurs feuilles sont développées et que la motte tient autour des racines, repiquez le plant dans un pot individuel. Laissez-le encore se renforcer quelques semaines. Cette étape intermédiaire réduit fortement les pertes lors de la plantation définitive.
Le bouturage de tige est-il vraiment intéressant
Oui, mais ce n’est pas la méthode que je conseille en premier. Prélevez au début de l’été un rameau sain de l’année, non fleuri, puis découpez une section de 10 à 15 cm juste sous un nœud, c’est-à-dire la zone d’où part une feuille.
Retirez les feuilles de la moitié inférieure et gardez seulement une ou deux feuilles au sommet. Vous pouvez utiliser une faible quantité d’hormone d’enracinement, mais elle ne compensera jamais un substrat trop compact, une chaleur excessive ou un manque d’humidité.
Plantez la bouture dans un mélange léger de terreau et de sable, puis couvrez le pot avec une bouteille transparente ou un sac perforé. Cette mini-serre conserve l’humidité, à condition d’être aérée chaque jour pour limiter les moisissures.
La bouture doit rester à la lumière, sans soleil direct, entre environ 18 et 24 °C. Après quatre semaines, tirez très doucement sur la tige. Une légère résistance indique souvent que des racines commencent à se former. Si la tige noircit à sa base, elle est généralement perdue.
Les erreurs qui compromettent la reprise
La plupart des échecs ne viennent pas d’un manque d’engrais, mais d’un mauvais équilibre entre eau, lumière et racines. Un sol constamment détrempé asphyxie les jeunes radicelles, tandis qu’une bouture exposée au soleil se déshydrate en quelques heures.
- Prélever sur un pied malade ou couvert de taches foliaires.
- Utiliser un sécateur sale qui transmet des champignons ou des bactéries.
- Laisser les racines à l’air pendant plusieurs heures.
- Enterrer trop profondément le collet.
- Fertiliser immédiatement une bouture récemment repiquée.
- Planter dans une zone mal drainée où l’eau stagne en hiver.
J’éviterais aussi de multiplier un framboisier qui donne des fruits décevants, même si ses drageons sont nombreux. La nouvelle plante sera un clone du pied mère et reproduira donc ses qualités, mais aussi ses faiblesses, y compris une sensibilité particulière ou une faible productivité.
Respectez enfin une distance d’environ 40 à 60 cm entre les plants, selon la vigueur de la variété. Une rangée trop dense favorise l’humidité sur le feuillage et complique la récolte, la taille ainsi que la circulation de l’air.
Installer les jeunes framboisiers pour les faire durer
Choisissez un emplacement ensoleillé, avec au moins 6 heures de lumière par jour, tout en évitant les sols qui restent gorgés d’eau. Dans les régions chaudes du sud de la France, une ombre légère en fin d’après-midi peut protéger les plants récemment installés.
Préparez le sol avec du compost mûr, sans enfouir de fumier frais au contact des racines. Un paillage organique de 5 à 8 cm conserve la fraîcheur et limite la concurrence des herbes, deux éléments particulièrement importants durant le premier été.
Prévoyez un support si la variété est vigoureuse. Deux fils tendus de part et d’autre de la rangée simplifient le palissage et maintiennent les cannes éloignées du passage. Cette organisation est discrète, propre et bien adaptée à un espace extérieur aménagé.
La première année, ne cherchez pas à obtenir une récolte abondante. Laissez le plant développer ses racines, arrosez profondément mais espacément, puis supprimez les tiges faibles. Un framboisier bien enraciné donnera beaucoup plus qu’un jeune sujet forcé trop tôt.
Le geste le plus rentable pour votre future récolte
Pour multiplier rapidement un framboisier, je choisirais donc un drageon vigoureux, prélevé en automne ou au début du printemps, puis replanté dans une terre fraîche et drainante. Les boutures de racines sont une excellente solution complémentaire, alors que les boutures de tiges demandent surtout de la régularité et un environnement protégé.
Observez le pied mère avant de couper quoi que ce soit, gardez les outils propres et donnez aux jeunes plants le temps de s’installer. Dans un jardin fruitier bien organisé, quelques minutes de préparation et un suivi attentif de l’humidité suffisent souvent à transformer une seule touffe de framboisiers en une rangée productive.