Planter des fraisiers au mauvais moment peut retarder la reprise, réduire la récolte ou obliger à arroser sans cesse. Pour obtenir des plants vigoureux, je vous explique quelle saison privilégier, comment adapter la date au climat français, quel type de plant choisir et quelles étapes garantissent une bonne installation au jardin, en bac ou près d’une piscine.
Le bon calendrier pour récolter des fraises généreuses
- Mi-août à mi-octobre constitue généralement la meilleure période de plantation.
- Les fraisiers remontants peuvent aussi être installés en mars ou avril.
- En région méditerranéenne, évitez les fortes chaleurs et privilégiez septembre-octobre.
- Respectez un espacement de 30 à 40 cm entre les plants.
- Le collet doit rester au niveau du sol, jamais enterré.

Quelle est la meilleure période pour planter des fraisiers
La période la plus favorable s’étend de la mi-août à la mi-octobre. La terre conserve encore la chaleur de l’été, tandis que les pluies d’automne facilitent l’enracinement. Le fraisier peut ainsi développer ses racines avant l’hiver et démarrer rapidement au printemps.
La Société Nationale d’Horticulture de France recommande également cette fenêtre pour la majorité des variétés. Dans mon expérience, une plantation réalisée en septembre donne souvent des plants plus équilibrés qu’une installation tardive au printemps, surtout lorsque l’on souhaite récolter dès la saison suivante.
Il faut toutefois éviter les journées très chaudes, les périodes de gel et les sols détrempés. Choisissez plutôt un jour nuageux, plantez en fin d’après-midi et arrosez immédiatement pour limiter le stress des racines.
Automne ou printemps selon le type de plant
La date idéale dépend du matériel végétal acheté. Un fraisier en godet, avec une motte déjà enracinée, offre davantage de souplesse qu’un plant à racines nues. Le type de variété compte aussi, car un fraisier non remontant ne produit pas de la même manière qu’un fraisier remontant.
| Type de fraisier | Période conseillée | Ce qu’il faut attendre |
|---|---|---|
| Non remontant | Fin août à octobre | Une récolte principale en mai ou juin |
| Remontant | Septembre-octobre ou mars-avril | Des récoltes étalées du printemps à l’automne |
| Plant en godet | Automne ou printemps | Une reprise assez régulière si la motte reste fraîche |
| Racines nues | Automne, généralement dès septembre | Un excellent enracinement, mais une plantation rapide après réception |
| Jeune plant issu d’un stolon | Fin été à début automne | Une installation économique, à condition que les racines soient bien formées |
Au printemps, je conseille surtout les variétés remontantes en godet. Elles supportent mieux cette plantation tardive, mais il ne faut pas espérer une récolte maximale dès la première année. Lorsque les fleurs apparaissent peu après la plantation, supprimer les premières hampes peut aider le plant à consacrer son énergie aux racines et au feuillage.
Les plants à racines nues sont plus fragiles. Ils ne doivent pas attendre plusieurs jours dans un emballage fermé ou au soleil. Si la plantation est impossible immédiatement, gardez-les dans un endroit frais et humidifiez légèrement les racines sans les laisser tremper.
Adapter la date au climat de votre région
Le calendrier national doit être ajusté à la météo locale. Dans le nord et l’est de la France, une plantation en septembre laisse généralement assez de temps aux racines pour s’installer. En altitude, je préfère avancer la plantation vers la fin août ou attendre le printemps si l’hiver arrive tôt.
Dans le sud, et notamment autour de Montpellier, le principal risque n’est pas toujours le froid, mais la chaleur sèche de l’été. Planter en juillet dans une terre brûlante oblige à arroser beaucoup et peut provoquer une mauvaise reprise. Je privilégie donc septembre ou octobre, après les premières pluies, avec un paillage qui conserve l’humidité.
Une exposition ensoleillée reste indispensable pour les fraises à gros fruits, avec idéalement six heures de lumière par jour. Près d’une piscine, évitez toutefois une zone exposée aux éclaboussures chlorées ou à un ruissellement permanent. Un bac surélevé ou une petite bordure éloignée du bassin permet de mieux contrôler le drainage et l’arrosage.
Les fraisiers apprécient un sol riche, meuble et drainant, qui reste frais sans retenir l’eau. Si votre terrain est lourd, plantez sur une butte de 15 à 20 cm ou améliorez la terre avec du compost mûr et une matière structurante.
Réussir la plantation en six gestes
Une bonne date ne compense pas une plantation mal réalisée. Je prépare toujours la parcelle quelques jours à l’avance afin de laisser le sol s’aérer et de repérer les zones où l’eau stagne.
- Choisissez un emplacement lumineux, éloigné des anciennes fraisières, tomates, pommes de terre et aubergines lorsque cela est possible.
- Ameublissez la terre sur environ 25 à 30 cm et incorporez du compost bien décomposé.
- Respectez 30 à 40 cm entre chaque fraisier et environ 50 à 60 cm entre les rangs.
- Faites tremper la motte quelques minutes si le plant est en godet. Pour les racines nues, retirez les parties abîmées et humidifiez-les avant la mise en terre.
- Placez le collet, c’est-à-dire la jonction entre les racines et les feuilles, exactement au niveau du sol.
- Tassez légèrement, arrosez abondamment et posez un paillage après l’infiltration de l’eau.
Le collet enterré est l’une des erreurs les plus fréquentes. Il peut pourrir, surtout dans un sol humide. À l’inverse, des racines laissées à l’air se dessèchent rapidement et le plant végète.
La paille reste un excellent paillage, mais les copeaux, les feuilles sèches ou une toile adaptée conviennent aussi. Gardez simplement quelques centimètres libres autour du collet pour éviter de maintenir une humidité excessive contre le cœur du plant.
Les erreurs qui réduisent la récolte
Planter trop serré donne une impression de générosité au départ, mais le feuillage finit par manquer d’air. Les maladies se développent plus facilement et les fruits touchent davantage le sol. Pour une fraiseraie saine, je préfère laisser de l’espace et supprimer régulièrement les stolons qui ne servent pas au renouvellement des plants.
Un autre piège consiste à enrichir fortement la terre avec un engrais très azoté. Le fraisier produit alors beaucoup de feuilles, mais parfois peu de fleurs et de fruits. Un compost mûr au moment de la plantation, puis une fertilisation équilibrée au printemps, suffit dans la plupart des jardins.
L’arrosage doit rester régulier pendant les premières semaines, surtout en bac ou sous un climat méditerranéen. Il vaut mieux arroser au pied, le matin, que mouiller le feuillage chaque soir. Une terre constamment détrempée est aussi problématique qu’un sol trop sec, car les racines du fraisier manquent rapidement d’oxygène.
Enfin, ne replantez pas immédiatement des fraisiers au même endroit. Une rotation de trois à quatre ans limite l’accumulation de maladies et de parasites dans le sol. Une jardinière connectée ou un capteur d’humidité peut aider à suivre les besoins en eau, mais il ne remplace pas l’observation de la terre et des feuilles.
Le bon créneau pour une fraiseraie productive
Pour la plupart des jardins français, je retiendrais une règle simple. Plantez vos fraisiers en septembre ou au début d’octobre, dans une terre fraîche, riche et bien drainée. Cette période offre le meilleur compromis entre enracinement, entretien et récolte future.
Si vous disposez uniquement de plants en godet, le printemps reste possible, en particulier pour les variétés remontantes. Dans le sud de la France, décalez la plantation après les grosses chaleurs et prévoyez un paillage épais ainsi qu’un suivi attentif de l’humidité.
Le calendrier aide beaucoup, mais c’est l’association entre bonne variété, sol drainé, espacement correct et arrosage maîtrisé qui fait réellement la différence. Avec ces quatre repères, même une petite bordure de jardin ou quelques bacs autour d’un espace extérieur peuvent fournir des fraises savoureuses pendant plusieurs semaines.